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"Suivre sa conscience demande du temps pour comprendre, évaluer la situation, et voir ce qui est en jeu. Ici, c'est la vie d'un enfant, atteint d'un handicap", affirme le Père Christian Maheas. © Yves d'Hérouville

"Suivre sa conscience demande du temps pour comprendre, évaluer la situation, et voir ce qui est en jeu. Ici, c'est la vie d'un enfant, atteint d'un handicap", affirme le Père Christian Maheas. © Yves d'Hérouville

Aider le couple à faire un choix libre et en conscience

Face à une décision grave à prendre comme celle de garder l'enfant dont on a décelé une anomalie, comment permettre au couple de retrouver sa liberté de conscience ? Le Père Christian Maheas, prêtre du diocèse de Paris, avance quelques pistes.

Le couple est le seul qui, ultimement, est à même de décider ce qui est bon pour lui, sans qu'aucune intervention extérieure n'interfère quant à sa liberté de choix. Il doit être capable de décider "en conscience". Voilà ce que nous dit Vatican II : "Au fond de sa conscience, l'homme découvre la présence d'une loi qu'il ne s'est pas donnée à lui-même (…) ; sa dignité est de lui obéir, et c'est elle qui le jugera. La conscience est le centre le plus secret de l'homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre." (Gaudium et Spes n°16). Suivre sa conscience demande du temps pour comprendre, évaluer la situation, et voir ce qui est en jeu. Ici, c'est la vie d'un enfant, atteint d'un handicap. Or, dans la majorité des cas, l'interruption médicale de grossesse est immédiatement suggérée : "Vous ne serez pas capables, vous allez briser votre famille…" Le couple se voit déjà condamné sans qu'il lui soit donné le temps de réfléchir. Peut-on parler de liberté quand cette famille est submergée par l'intensité du désarroi, sinon engloutie dans une sidération du jugement ? Quelques étapes possibles pour éclairer sa conscience :

  • Demander du temps pour la réflexion.
  • S'informer, demander conseil auprès du médecin de famille ou de médecins spécialisés dans le suivi d'enfants atteints d'une anomalie génétique.
  • Rencontrer des familles accueillant en leur sein un enfant avec un handicap.
  • Entendre ce que dit l'Eglise quant à l'accueil de toute vie humaine, retrouver le prêtre qui a préparé le couple au mariage pour échanger avec lui.
  • Partager avec des amis proches ou des personnes formées à l'écoute, pour pouvoir verbaliser les angoisses, les interrogations face au choix à poser. C'est d'ailleurs l'étape peut-être la plus importante.

Cette liberté de conscience est une exigence des droits de l'homme et du respect de sa dignité, elle est due à toute personne humaine mise en situation d'accueillir un enfant handicapé.

Père Christian Maheas, Prêtre diocésain, aumônier de l’Arche en France, Ombres et Lumière n°152

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