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Au Ciel, est-ce que j'aurai toujours mon handicap ?

Deux ans avant sa mort, le Père Henri Bissonnier, pionnier dans la pastorale des personnes malades et handicapées, répondait à cette question d’enfant.

Chacun sait à quel point les questions que nous posent les enfants peuvent parfois nous plonger dans l'embarras. Thomas demande : "Mon petit frère, Hervé, quand il ressuscitera, aura-t-il toujours son fauteuil roulant?" Lucie s’interroge à propos de sa trisomie 21 : "Maman, est-ce qu'au Ciel, j'aurai toujours mon chromosome en trop ?"

Notre réaction d'adulte, spontanément, ne risque-t-elle pas de nous faire nous écrier : "Mais tu sais bien que, pour Dieu notre Père, des jambes paralysées, un chromosome en plus ou un petit nez, ce n'est pas cela qui compte : ce qu'il regarde, c'est surtout notre cœur."

Or, c'est bien, de fait, la réponse essentielle : quoi qu'il en soit, infiniment, Dieu nous aime, nous a toujours aimés et veut que nous soyons heureux pour toujours.

Mais, pourtant, ce fauteuil sans lequel Hervé ne peut guère se déplacer, aura eu, dans sa vie, une vraie importance, de même ces petites mains aux doigts si courts de Lucie.

Dès lors, comment tout cela n'aurait-il eu aucune valeur pour le Seigneur alors que cela a pu constituer pour nos jeunes amis, une cause de souffrance, mais aussi l'occasion pour eux de grandir ? Alors faut-il qu'au Ciel tout soit oublié et que cela ne "compte plus" ? Ne serait-ce pas un peu injuste ?

Il suffit d'observer comme, même ici-bas, nous aimons évoquer, quand elles sont passées, certaines heures difficiles pour ne pas dire douloureuses de notre vie : efforts, épreuves, contrariétés vaincues, victoires remportées sur toutes sortes de maux. Ces épreuves quand elles ont été l'occasion du passage de la grâce et de la présence du Seigneur ne seraient-elles pas bonnes à évoquer dans la joie de Dieu?

Osons nous référer à Jésus lui-même qui, apparaissant à ses disciples après sa résurrection leur a montré ses mains et ses pieds transpercés et son côté ouvert ! Ces glorieuses cicatrices leur permirent de le reconnaître et de lui rendre hommage.

Très profondément, c'est, bien sûr, des questions comme celles de Thomas et de Lucie, qui soulèvent le grand problème du mal et celui du ciel en son Eternité. C'est une raison de plus d'y répondre avec circonspection. Ce qui est proposé ici n'est que suggestion. A nos lecteurs de nous aider à tracer d'autres pistes.

Père Henri Bissonnier, Ombres et Lumière n°139

 

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