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Saint François d'Assise et Jean Vanier

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François, le Poverello

Tout au long de cette année, Jean Vanier médite pour Ombres et lumière sur la vie de saint François. A l’occasion de la visite du pape à Assise, nous publions un extrait de cette réflexion.

Nous parlons de François comme le petit pauvre. Oui il était pauvre : il avait connu la détention pendant des mois à Perrige, où il avait été pris comme prisonnier de guerre, sans parler de longs mois d'une maladie étrange. Dans ces pauvretés, il a vécu une expérience de l'amour de Jésus. Par la suite, il a dit vouloir épouser "Dame Pauvreté"; il faisait des folies en donnant tout ce qu'il avait aux mendiants.
De sa pauvreté et de celle de ses compagnons, jaillissait une joie explosive. Les frères savaient que Jésus les a appelés, qu'Il était avec eux, qu'Il le protégeait et leur donnait tout le nécessaire pour vivre.
Ils étaient riches de leur foi, mais aussi de l'unité et des joies de la fraternité.
La vie à l'Arche comme à Foi et Lumière est aussi appauvrissante. Les personnes accueillies sont souvent très pauvres dans leurs corps, leurs esprits, leurs psychismes ; leurs besoins sont grands. Leurs parents sont appauvris aussi. Ils ne s'attendaient pas à avoir un enfant faible, vulnérable, avec de grands besoins. Devant de telles pauvretés, nous sommes tous très pauvres.
La pauvreté nous rend tristes, mécontents, accusateurs, colériques et dépressifs ; elle peut aussi devenir un appel au secours vis-à-vis de Dieu et vis-à-vis des autres. La pauvreté nous amène à découvrir la communauté et les joies d'être avec d'autres ; elle nous amène à découvrir aussi une présence de Jésus.
François, après l'expérience de la pauvreté en prison et dans sa maladie, a choisi "dame pauvreté" parce qu'il avait expérimenté dans cette pauvreté une présence de Jésus.
L'Arche et Foi et Lumière partagent la pauvreté. Les parents, aussi, n'ont pas choisi cette pauvreté, ils l'ont accueillie et acceptée. Ainsi, peu à peu, ils découvrent la joie de la communauté et une présence sécurisante de Jésus. Peu à peu ils découvrent que ce qui parait une malédiction est une bénédiction.

Jean Vanier, Ombres et Lumière n°193

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