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Grands-parents, laissez-vous guider par l’intelligence du cœur

Jusqu’où et comment aider ses enfants avant et après la naissance de leur bébé handicapé ? Un père nous fait part de ses réflexions.

Lors du choc d’un diagnostic prénatal angoissant, les jeunes futurs parents se confient souvent d’abord à leurs propres parents, cherchant auprès d’eux, outre le réconfort, une écoute attentive et la référence aux "valeurs" qui ont baigné leur enfance. Lors des choix décisifs, par exemple lors d’une pression très forte du médecin en faveur du recours à l’avortement, le dialogue entre la fille et sa mère peut jouer un rôle considérable, dans un sens ou dans un autre, même si la décision finale est celle du couple.

Lorsque l’enfant est né, les grands-parents entourent généralement le jeune couple et le bébé d’une présence affective renforcée. Ils subissent eux aussi l’épreuve morale et spirituelle, intolérable, de voir ce petit être innocent et sans défense, qui est issu de leur chair, et qui est atteint physiquement ou mentalement.

Certains, au contraire, ne peuvent supporter cette situation ou ne sont pas capables de l’assumer. Je me souviens de cette jeune grand-mère, qui présentait un jour sa belle-fille à des amis en ces termes : "Voici Jeanne, qui a deux charmants enfants." La jeune femme pâlit et corrigea avant de partir en hâte : "Non, j’ai trois enfants dont l’un gravement handicapé !" La grand-mère avait inconsciemment rejeté celui de ses petits-fils qui était hors du cercle familial, parce qu’en internat. Tel grand-père, en revanche, tient comme il le peut, le rôle du père en se substituant à son propre fils qui ne peut supporter, du moins pour l’instant, la vue de son enfant handicapé mental.

Quelle aide apporter ?

Combien de grands-parents ne débordent-ils pas de bonne volonté sans savoir "comment s’y prendre" ! Les grands-mères sont souvent tiraillées entre le désir d’intervenir et celui de rester discrètes. Leurs enfants eux-mêmes sont souvent partagés. Ils souhaitent pouvoir s’appuyer sur leurs propres parents, mais réagissent lorsque ceux-ci semblent s’immiscer dans la vie et les choix de leur couple.

Concrètement, l’aide des grands parents revêt plusieurs formes :

  • C’est tout d’abord l’aide matérielle, importante surtout lorsque les familles sont géographiquement proches. Cette aide est souvent plus forte, plus fréquente, que pour les autres petits-enfants. Mais elle peut être limitée soit par la gravité du handicap, soit par l’âge même des grands-parents. Nous avons pu confier notre fille handicapée à nos propres parents pour quelques jours, tant  qu’elle avait moins de neuf ans. Au-delà, son poids, sa capacité de résistance, la crainte de fugues incontrôlées nous l’ont interdit, sauf pour une heure ou deux.
  • De nombreux grands-parents âgés ne peuvent plus physiquement assumer la charge d’un enfant handicapé moteur ou atteint de troubles graves de la personnalité, ni subir des nuits d’insomnie répétées. D’autres sont réticents et inquiets à l’idée de prendre une trop lourde responsabilité face à un petit-enfant menacé d’accidents respiratoire, digestif ("fausses routes") ou comitial (crises violentes d’épilepsie). Un autre type d’aide est ouvert à tous les grands-parents, qu’ils soient âgés, malades ou physiquement éloignés : c’est l’aide spirituelle. Elle peut être discrète si les parents sont réticents, en se limitant même à la prière personnelle. Elle peut être "offerte" avec une égale discrétion, les enfants sachant pertinemment qu’ils pourront, le jour où ils le voudront, recourir à leurs parents pour telle confidence, tel conseil, tel échange sur les questions essentielles. Elle peut être de communion profonde lorsque parents et grands-parents partagent la même foi, et elle peut avoir alors un grand retentissement réciproque.

Les grands-parents peuvent-ils suppléer les parents ?

  • Les cas de suppléance matérielle et éducative sont rares mais peuvent être occasionnés par la disparition des parents, l’éclatement du couple ou l’extrême jeunesse de la mère.
  • Sur le plan spirituel, les cas de suppléance sont plus fréquents mais supposent alors la "neutralité bienveillante" des parents. Je connais une grand-mère qui supplée ainsi à la carence de son gendre et de sa fille en matière d’éveil à la foi. C’est elle qui a suggéré d’amener son petit-fils aux séances de catéchèse et le grand-père les accompagne aux réunions de "Foi et lumière". Comment concilier conviction et discrétion ? La plupart des grands-parents se laissent guider par "l’intelligence du cœur". Mais ils souhaiteraient être guidés sur cette route difficile… Ils souhaiteraient échanger avec d’autres grands-parents ou trouver conseil pour mieux aider ce petit-enfant dont ils n’ont pas la responsabilité directe mais qu’ils aiment tant.

Un père (et grand-père), Ombres et Lumière n°183

Tous les deux ans, l’OCH organise une journée pour les grands-parents qui ont un petit-enfant malade ou handicapé.

 

 

 

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