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© DR pour Ombres et Lumière

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"J’attends une étreinte fraternelle"

HandiCap vers Noël, 3/4 - L’Eglise nous propose avec l’Avent un temps particulier pour marcher vers Noël, temps d’attente et de conversion. Chaque semaine, une personne atteinte d’un handicap ou d’une maladie nous accompagne vers la fête de la Nativité.

 

L'Avent ressemble à un rendez-vous, tout simple, fixé depuis longtemps dans notre agenda avec la Sainte Vierge enceinte du Sauveur, embryon vivant et fragile, bébé à naître. On prie l'Enfant Jésus mais rarement l'Embryon Jésus. Jésus est déjà vivant dans le sein de Marie. Sa présence fait tressaillir l'embryon Jean-Baptiste. Il faut aimer Jésus-Embryon, avec son corps inachevé. Cela peut choquer ce que je dis mais c'est très incarné et théologique. Dieu aurait pu créer Jésus, et Il a préféré un engendrement, une vie progressive, lente. Jésus ne parlera pas dans son berceau, Il va apprendre à parler l'araméen, Lui le Verbe. Il va téter, pleurer. Cela est consternant de voir ce que le Créateur des galaxies accepte, non ? C'est tellement vertigineux que cet Embryon est rassurant. Cela nous rappelle que nous aussi, il nous faut du temps pour découvrir les réalités de nos humbles vies.

Jésus est un homme simple, humble et priant dans son incarnation, un rabbin attentif aux éprouvés. Ce ne sont pas toujours les malades qui suivent Jésus mais aussi Jésus qui cherche à les rencontrer! Il faut préciser toutefois que le Christ n'est pas un grand guérisseur, Il s'intéresse d'abord à ceux qu'Il rencontre, à leur personne profonde, leur "Je". Comme tétraplégique, je crois en cet homme Jésus qui m'aime, en ce Dieu qui s'intéresse à mon devenir, qui pleure et rit de mes "oui" et de mes "non". C'est fou de se dire qu'Il se préoccupe beaucoup pour moi, qu'Il écoute les croyants du Ciel et de la terre qui l'interpellent à mon sujet dans la prière d'intercession! Je Lui dis ou fais dire que j'ai trop de difficultés à vivre, que je suis heureux d'être son serviteur comme diacre, qu'Il faut avoir pitié des incroyants parce que ce sont de pauvres gens sans berger, que mon corps immobile est temple pour l'Eucharistie, que je suis prêt à beaucoup de choses pour Lui mais que j'ai aussi beaucoup de limites, de combats, de blessures.

Le salut que j’attends n’est pas une guérison, juste une étreinte fraternelle, un regard, une parole, un conseil. La vie, nos vies, sont compliquées (travail, famille, argent, engagement, angoisses) et il nous faudrait remettre de l'unité dans ce fourre-tout. La Nativité, c'est s'agenouiller devant Celui qui vient en toute simplicité nous dire que l'on doit apprendre à recevoir un peu de cohérence dans nos vies. La première étape de ce chantier, c'est accepter l'étreinte de Jésus.

Jean-Christophe Parisot,ol.ombresetlumiere.fr - 15 décembre 2013

Chroniqueur dans la revue Ombres et Lumière, Jean-Christophe Parisot est diacre et préfet. Atteint de myopathie, il est marié et père de quatre enfants.

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