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"Sébastien ne rechigne pas au boulot, témoigne Mariel sa responsable. Quand il y a urgence, on peut compter sur lui." © F. C. pour Ombres et Lumière

"Sébastien ne rechigne pas au boulot, témoigne Mariel sa responsable. Quand il y a urgence, on peut compter sur lui." © F. C. pour Ombres et Lumière

La belle réussite de Sébastien

Du 16 au 22 novembre a lieu la semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées. Confirmé en CDI à la Fédération nationale du Crédit agricole, Sébastien Poix, un homme avec un handicap mental, a doucement trouvé ses marques au service reprographie grâce à la bienveillance de Mariel, sa responsable. Portrait.

A 44 ans, Sébastien Poix travaille depuis cinq ans à la reprographie à la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA). Une chance, pour cet homme avec un handicap mental, qu’il savoure encore plus depuis qu’en février dernier il a été intégré en CDI. Avant, Sébastien intervenait à la FNCA dans le cadre d’un contrat de sous-traitance liant la Fondation Léopold Bellan et la Fédération. "Au début, il était très timide, introverti, se souvient Sadia, une jeune femme qui a travaillé dans le même service. Maintenant Sébastien connaît tout le monde, passe nous dire bonjour dans nos bureaux au troisième étage, fait des blagues. Dans son travail, il a aussi pris de l’assurance." Cette belle réussite, Sébastien la doit à sa ténacité et à celle de Mariel Doubigny, la responsable de la reprographie qui le supervise.

Mis en confiance

"Quand on m’a demandé si j’étais d’accord pour former une personne avec un handicap, raconte Mariel, j’ai tout de suite dit : pourquoi pas ? Et au bout de huit mois, j’ai cru que je ne m’en sortirai pas ! Non à cause du travail… Quand je demandais à Sébastien de faire quelque chose, il s’exécutait volontiers, mais il ne parlait pas, et moi, j’aime quand il y a de l’ambiance." Heureusement, Didier, un salarié du service courrier a réussi à dérider Sébastien, et Mariel, en l’emmenant partout, l’a mis en confiance à tel point qu’il ne déjeune maintenant plus dans son coin mais avec l’équipe du service informatique.

De plus en plus autonome

Dans son travail, Sébastien est aussi de plus en plus autonome. Au départ, Mariel lui a fait des fiches et des tableaux avec des pictogrammes sur le fonctionnement des machines. Maintenant, il est autonome sur les quatre machines du service, même s’il n’est pas encore apte à travailler sur plusieurs à la fois. Mais cet été, pour la première fois, Sébastien est resté seul maître à bord pendant les quinze jours de vacances de Mariel. Et tout s’est bien passé ! "Avant de partir, j’ai dit à Sébastien que je voulais qu’il soit autonome, explique Mariel. Quand une machine tombait en panne, il restait planté à côté sans rien dire, je lui ai montré comment appeler le dépanneur. Depuis, c’est lui qui s’en charge."

Pour continuer de s’améliorer, Sébastien suit un stage le mercredi depuis quelque mois. Une personne vient lui faire faire des maths, de la lecture, un peu d’écriture, de l’informatique sur Outlook, et des additions. Ça lui permet d’être plus performant pour compter et répartir les photocopies en fonction des besoins des services. "Sébastien veut bien faire, mais il va trop vite pour montrer qu’il sait. Et alors, il se trompe, note Mariel. Je préfère qu’il prenne son temps et que le compte soit bon."

Fiable

Reste que Sébastien ne "rechigne pas au boulot" ! Quand il y a une urgence, on peut compter sur lui. Et même les jours de grèves : Sébastien a beau habiter chez ses parents à une heure trente de trajet, il est présent à son poste quoi qu’il arrive. "Si j’ai souhaité garder Sébastien, ce n’est pas parce qu’il a un handicap ou pour faire une bonne action, témoigne Mariel. S’il n’avait pas fait l’affaire dans le travail, je ne l’aurais pas gardé. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret." Dans cinq ans, Mariel prendra sa retraite, ce sera un nouveau défi pour Sébastien. Mais l’homme, bavard avec ceux qu’il connaît, affiche une confiance sereine.

Florence Chatel

Ombres et Lumière n°202

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