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Le père (François Damiens), sourd, et la fille (Louane Emera), chanteuse, dans un moment de complicité © La famille Bélier

Le père (François Damiens), sourd, et la fille (Louane Emera), chanteuse, dans un moment de complicité © La famille Bélier

La famille Bélier

Chez les Bélier, famille d’agriculteurs de l’Ouest, tout le monde est sourd sauf Paula - Louane Emera qui vient de recevoir le César du Meilleur Espoir Féminin. Lorsque celle-ci se découvre un don pour le chant, ses parents plongent dans l’incompréhension.

Ce film annoncé comme la comédie de cette fin d’année est un peu paradoxal. Bien que la famille sourde soit en permanence à l’arrière-plan, le sujet principal du film n’est pas tant le handicap que l’éclosion d’une adolescente « normale », qui hésite entre la loyauté à son clan et son propre destin – trame qui fait penser à Billy Elliot, avec un final enlevé.

Certes, le handicap est bien là. Le spectateur découvre à travers les parents et le frère de Paula – seul ce dernier est joué par un acteur non entendant- la réalité de la surdité, vécue comme une identité, une culture, avec sa langue, dont Paula est l’interprète ; ses aspects comiques – comme cette propension innocente à un peu trop appuyer sur le klaxon, ou cette autodérision, lorsque le père se présente aux municipales avec sur l’affiche : « Je vous entends » ; ses travers, comme ce côté un peu direct et cette tendance grégaire… Avec aussi des moments d’émotion découlant du handicap, comme lorsque le père pose sa main sur les cordes vocales de sa fille pour l’ « écouter » chanter.

Le tiraillement de Paula, à la croisée de deux mondes, laisse à voir la difficulté d’être enfant de personnes touchées par un handicap. Interprète de sa famille, au service de la ferme des parents après l’école, l’adolescente a un rôle un peu trop lourd pour ses épaules… même si elle sait aussi en jouer et reprendre sa liberté quand il faut. Toutefois le thème aurait mérité d’être creusé.

Au final, La famille Bélier n’est pas un mauvais film, on y sourit, et l’on s’y émeut, mais le handicap y apparaît plus comme un prétexte que comme un ressort narratif profond, à la différence du Film Intouchables.

Cyril Douillet

Un film d’Eric Lartigau, avec Karin Viard, François Damiens, Louane Emera.

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