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©Alekss-fotolia.com

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La foi, un pas après l’autre

"La foi n’est pas une lumière qui dissiperait toutes nos ténèbres, mais la lampe qui guide nos pas dans la nuit, et cela suffit pour le chemin." Alors que l’encyclique Lumen Fidei vient de paraître, le père d'un jeune homme handicapé, et une personne avec un handicap psychique, en témoignent.

 

"J’ai retrouvé la foi grâce à mon fils handicapé" 

Père de Rémi, atteint d’une infirmité motrice cérébrale et mutique, Jean-Noël a retrouvé la foi et une vie en Eglise grâce à la demande de son fils.

"Communion, moi." Par ces deux mots tapés à l’aide son clavier le jour le la première communion de sa cousine, Rémi, notre fils handicapé, nous a fait comprendre que lui aussi voulait communier au corps du Christ. J’ai reçu sa demande comme un signe, une sorte de rappel. Elevé par des parents très pratiquants, j’avais, jeune, participé à des camps avec des prêtres missionnaires, puis laissé tomber peu à peu toute pratique religieuse. Par la suite, après la naissance de Rémi, ma femme et moi nous étions focalisés sur les aspects matériels induits par son handicap. Et voilà que notre fils nous appelait à une autre dimension. Je sentais que cela venait de l’intérieur et j’ai décidé de reprendre un parcours de foi avec lui. Ayant déjà été catéchiste, je lui ai appris le Notre-Père et le "Je vous salue Marie", je me suis aussi appuyé sur des DVD sur l’histoire du Christ que nous avons regardés ensemble. Et bien sûr, nous sommes retournés à la messe dominicale dans notre paroisse. Rémi a ainsi fait sa communion et il a été confirmé. La foi revient par le cœur. Psychologue à la retraite, je pense souvent à cette parole de C.G. Jung, interrogé par un journaliste sur l’existence de Dieu : "Je n'ai pas besoin de preuve. Je sais."

Notre grand projet cette année a été un pèlerinage à Lourdes. Nous avons tardé pour l’organiser car nous ne voulions pas aller dans la cité mariale pour demander un miracle, mais bien dans une démarche de foi pour demander la force de vivre avec le handicap. Sur place, Rémi a été tellement transformé que cela nous a interpellés. D’habitude, il est assez tendu du fait de son handicap, là il était très détendu et serein. Nous aussi, par ricochets. Un moment fort fut notre passage ensemble aux piscines. En sortant, Rémi nous a dit le mot "Baptême", et au retour chez nous : "Je sais prier maintenant". Depuis, nous prions ensemble quand il est à la maison.

Pendant longtemps, le Seigneur a frappé à notre porte et nous ne lui avons pas ouvert. Alors, il a pris Rémi pour intermédiaire. Ce retour à la foi grâce à notre fils m’a appris que chaque être humain a autant de valeur aux yeux de Dieu. Et dans ce domaine, je suis peut-être plus handicapé que lui qui est ancré dans une relation profonde et vraie avec Dieu. Comme s’il savait ce que je cherche péniblement.

Jean-Noël Doudiès

 

"La foi m’aide à voir le côté positif chez les autres"

Béatrice vit en région parisienne dans un foyer d’accueil médicalisé pour des personnes adultes qui ont, comme elle, un handicap psychique.

Dans ma prière, je demande à Dieu le courage pour vivre chaque jour : le courage de me lever le matin, de ne pas me poser trente-six mille questions. Je prie pour beaucoup de personnes dont une amie de mes parents qui est atteinte d’un cancer. La foi m’aide à voir le côté positif chez les autres, à être porteuse de paix. Je peux le vivre parce que j’ai un traitement et des activités qui me font du bien.

Voir les gens heureux me rend heureuse. Je crois au bonheur. Pour moi, ce n’est pas se regarder le nombril, mais s’occuper de soi, se donner, garder le contact avec sa famille. Quand Claire, ma sœur, m’a demandé d’être la marraine de son fils François-Xavier, j’ai dit "oui, j’accepte". Aujourd’hui, François-Xavier est un homme. Il ne m’oublie pas. Nous sommes en contact plutôt par écrit. Etre marraine, c’est le diriger vers des belles portes pas des murailles de fer, vers des relations humaines, qu’il soit heureux, que je le comprenne et qu’il me comprenne. Il n’est pas toujours joignable, mais Dieu sait et la Sainte Vierge le protège, comme elle nous protège tous.

Béatrice

Ombres et Lumière n°194

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