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"Je regarde tous les débats télévisés et les émissions politiques pour me faire mon opinion." © Florent Bénard

"Je regarde tous les débats télévisés et les émissions politiques pour me faire mon opinion." © Florent Bénard

"Les photos des attentats m’ont fait peur"

Samuel a 34 ans. Atteint d’autisme, il vit dans un foyer de l’Arche à Paris. Il suit avec passion les informations à la télévision mais les images peuvent lui faire mal.

Depuis que je suis petit, je vais souvent dans la maison de campagne de mes grands-parents. Ils mettent tout le temps les informations à la télévision. C’est là que j’ai commencé à me passionner pour l’actualité.

Mes deux sujets favoris sont la politique et le sport

J’aime beaucoup la politique même si pour moi c’est un autre monde et que j’ai conscience que ce sont parfois des escrocs. C’est important de connaître les gens qui nous gouvernent. Je regarde tous les débats télévisés et les émissions politiques pour me faire mon opinion. Mes parents ont obtenu que je puisse voter ce qui n’était pas évident avec mon handicap. C’est une énorme victoire pour moi. Je ne supporte pas les gens qui se plaignent et qui ne vont pas voter. Je suis l’actualité à la télévision et je lis les journaux. Mais j’ai une préférence pour la télévision car j’aime voir les images même si parfois c’est dur. Par exemple, les images que j’ai vues des attentats de Bruxelles m’ont fait peur. Je me dis, heureusement que je ne suis pas à leur place. Et en même temps, je ne veux pas changer mes habitudes. Je veux continuer à vivre normalement pour ne pas faire leur jeu. Je prouve que je suis courageux.

Ecouter du rock, mon calmant

Pour m’enlever les images de la tête, j’écoute de la musique. Je suis fan de Johnny Hallyday. Mettre à fond Allumer le feu me fait du bien. Même si c’est du rock, c’est mon calmant. Et puis quand je vois des émissions spéciales entièrement consacrées aux attentats, je finis par éteindre la télé. D’un côté, je ne veux plus voir ces images et de l’autre, cela m’énerve car on ne parle pas du tout de tous les autres sujets qui peuvent être aussi importants.

Chaque semaine je vais chez ma psy. C’est très important pour moi de pouvoir discuter avec elle de ce qui m’a touché. Elle m’explique qu’il est normal que ces informations me fassent peur. Cela me fait beaucoup de bien de parler avec elle. J’ai aussi un cours de relaxation une fois par semaine. Dans le foyer, j’aime discuter avec les autres résidents, ma référente et les éducateurs. Je parle aussi beaucoup avec mon père qui lit comme moi les journaux. Parfois, nous sommes d’accord et d’autres fois, non. Je ne peux pas me passer de suivre l’actualité mais si je ne pouvais pas échanger avec les autres, ça serait trop dur.

Samuel, ombresetlumiere.fr – 12 mai 2016

Retrouvez le dossier "En famille. Face à l’actualité violente" : Ombres et Lumière n°211

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