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Nos doutes ont été éveillés par les quantités de linge à laver, les litres de savon et de gel-douche consommés. Jeanne avait les mains très abîmées par des lavages fréquents, elle ne touchait plus les poignées de portes qu’au travers d’un vêtement, en tirant sur sa manche. Après des recherches sur Internet, rapidement l’évidence nous est apparue à mon mari – le beau-père de Jeanne – et moi-même : Jeanne souffre de TOC liés à l’hygiène et la peur de la contamination. Ayant trouvé les coordonnées d’un spécialiste, j’ai dû la forcer à honorer ses premiers rendez-vous, véritable épreuve de force. Dans un premier temps, Jeanne a "plongé". La pédopsychiatre nous a immédiatement prescrit un médicament dont l’effet a été très vite positif – soulagement inestimable pour toute la famille ! Peut-être trop positif car la Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC), qui représentait un effort important pour Jeanne, devenait moins "utile". Jusqu’à une nouvelle crise il y a deux mois environ… après plus d’un an de répit. Actuellement, je considère que notre fille passe environ deux heures par jour à ses rituels. Eviter le règne du TOC La famille, la maison, c’est l’exutoire du TOC. C’est là qu’il prend le plus de place, devient omniprésent et génère des conflits à répétition. Le TOC engendre des mensonges en série : "oubli" de rendez-vous chez le psychiatre, maladie empêchant de se lever pour partir au lycée, cachettes pour vêtements contaminés, quand ils ne sont pas jetés à la poubelle…

Le règne du TOC... c’est ce que nous voulons tous éviter, mais malheureusement, parce que nous ne sommes pas thérapeutes et que rien dans les comportements induits n’est "compréhensible", rationnel, alors tout devient problématique. Gronder, punir, encourager – oui mais quoi et quand ? –, ignorer ? Chaque situation pose son lot de questions sans réponses. Notre couple nous permet de tenir au quotidien. Nous nous soutenons en nous disant que c’est une maladie, que nous n’y pouvons rien, et devons accompagner Jeanne au mieux, sans compassion excessive, car son destin est dans ses mains. Pour moi, sa mère, la situation est extrêmement complexe et j’ai beaucoup de mal à trouver l’attitude juste. Par exemple, je refuse de laver les habits qu’elle considère sales, et moi non. Entre culpabilité, réprimande, et crainte du gâchis Je suis en permanence ballottée entre sentiment de culpabilité, reproche à Jeanne de ne pas vouloir se soigner sérieusement et crainte de gâchis. Trop souvent je ne tolère plus ses rituels et je la réprimande alors que je sais qu’elle ne les contrôle pas. Comment réagir à chaque situation ? Laisser faire ? Jusqu’où ? Une pédopsychiatre qui suivait Jeanne, m’a dit : "Quand elle vous demande si son vêtement est souillé, vous pouvez lui répondre une fois, mais pas plus." Mais Jeanne n’est plus une enfant ; elle ne me pose pas ce genre de question. Cela se termine plutôt en dissimulation, évitement.

Comment résister au TOC sans être toujours dans le conflit, et trouver un peu de paix ? Aucun psychiatre n’a encore répondu à ma question. Certains disent que si elle ne veut pas se soigner, ils ne peuvent pas la forcer. Alors, vous faites quoi ? Vous repartez avec votre fille et votre brouette pleine de problèmes. Nous en sommes au quatrième pédopsychiatre. Pour l’instant, celui-ci ne veut pas me voir… Je ne trouve pas d’oreille très réceptive, et je me sens tellement démunie ! C’est usant pour l’entourage. Jeanne est une enfant extrêmement intelligente. Si elle met son intelligence au profit de sa thérapie, je suis persuadée qu’elle s’en sortira et qu’elle poursuivra des études et une carrière brillantes. Si elle se laisse envahir inconsciemment par son TOC, elle en sera l’esclave toute sa vie. Comment l’aider ? Dernièrement, j’ai reçu un conseil d’une personne qui fait de l’écoute téléphonique à l’AFTOC (1) : lâcher. A un moment, il faut peut-être dire à son enfant : "Je ne sais plus comment faire pour que cela se passe bien, je n’arrive plus à gérer la situation."

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