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© Bénédictines de Jésus Crucifié

© Bénédictines de Jésus Crucifié

Ma maladie en vue de quoi ?

Religieuse dans la congrégation des Bénédictines de Jésus Crucifié (Seine-et-Marne), Sœur Ingrid est atteinte d’une maladie invalidante. Elle témoigne de l’accueil de Dieu à travers le handicap.

Ma maladie (charcot-marie-tooth), et l’infirmité grandissante qu’elle entraîne, font partie de ma vie et m’ont constamment provoquée, mise devant des défis. Je suis handicapée, c’est un fait, et de plus en plus. Mais, suis-je "une handicapée", ou suis-je une femme – en l’occurrence, une moniale – avec un handicap ? A moi de choisir et d’essayer de rester fidèle à mon choix. On est tellement plus que ce qui manque !

Autre défi, passionnant celui-là, de créativité, de trouver des solutions pour me débrouiller quand telle ou telle chose devient impossible à exécuter comme jusque-là.

Dotée d’un tempérament plutôt sombre, avec tendance dépressive, le fait de ne pouvoir faire ou vivre tant de choses, a pesé lourd. Non, ma vie n’était pas uniquement noire ; il y avait la musique, mes études, mais à partir du moment où Dieu est devenu vivant pour moi, où j’ai compris qu’Il m’aimait, tout a changé. Il y a depuis, une source de lumière et une force de vivre qui est là, même quand tout en moi semble flancher.

Je ne me souviens pas m’être posé la question : "Pourquoi ? Pourquoi moi ?" Je l’ai certes entendue, mais en moi, elle se décompose en : "Pour quoi ? En vue de quoi ?" et devient ainsi ouverture, appel à tenir ma place dans l’enfantement du Règne de Dieu. Comment, puisque je ne sers pas à grand chose, même dans ma communauté ? Bien sûr, je prie pour les intentions qui nous sont confiées, pour celles du monde entier. Et en plus de ce "prier pour", il y a le "prier avec", avec tous les autres priants de par le monde, chrétiens ou non. Plus profondément, j’expérimente que la maladie, le handicap, le tempérament dépressif sont des manques. Ce sont comme des trous, des plaies dans le tissu harmonieux de la création. En vivant mes manques, mes "trous" comme autant d’ouvertures par lesquelles l’Esprit de Dieu peut pénétrer et irriguer le monde, je contribue à "spiritualiser" ce monde. Et avec ce qui, en moi, de nature (renforcée par le péché) est négatif, refus de vie, je peux me tourner vers Dieu et, au nom de tous les humains de par le monde qui portent ce même genre de poids, dire : "Oui, Père, je m’abandonne à toi. Que dans mon oui tu entendes celui de tous, de ceux qui ne te connaissent pas ou qui te connaissent mal, toi, Père."

Sr Ingrid, Congrégation des Bénédictines de Jésus Crucifié : www.benjc.net

Ombres et Lumière n°169

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