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Bruno Salomone et Marie Dal Zotto incarnent avec brio un père et sa fille trisomique dans "Mention particulière" © Jean-Philippe Baltel / TF1

Bruno Salomone et Marie Dal Zotto incarnent avec brio un père et sa fille trisomique dans "Mention particulière" © Jean-Philippe Baltel / TF1

Mention particulière

Une jeune fille trisomique héroïne d’une fiction en prime time sur TF1, c’est l’évènement à ne pas rater le 6 novembre. D’autant que ce téléfilm ne manque ni d’émotion, ni d’humour, ni de justesse.

L’histoire

A Toulouse, Laura, trisomique, passe le bac en candidat libre. Si la jeune fille est concentrée devant ce défi, c’est toute sa famille qui est en ébullition, et en particulier son père, qui la prépare depuis deux ans. Quant à la cadette, Chloé, elle aimerait bien que l’on s’intéresse un peu à elle… La tension de ce moment fait rejaillir les déséquilibres et les non-dits de la famille.

L’avis d’Ombres &Lumière

Dans les première minutes, on peut craindre que ce téléfilm verse dans deux écueils : la mise en avant d’un personnage trisomique trop exceptionnel, peu représentatif ; l’afflux de bons sentiments, autour d’un handicap parfois idéalisé. Il n’en est rien. S’il est vrai que le scénario s’appuie sur un cas un peu hypothétique - quoiqu’inspiré d’une histoire vraie au Maroc -, le film a l’intelligence d’interroger la quête de normalité et le prix à payer. Si, pour Laura, il s’agit d’un combat pour sa liberté et d’une étape vers son rêve - devenir journaliste, on sent bien que pour le père (excellent Bruno Salomone, le papa bobo de Fais pas-ci, fais pas-ça), il y a une part d’ambiguïté, de difficulté à accepter le handicap de sa fille. Au fil du film, on oublie le côté prodige, pour découvrir les qualités profondes de la jeune trisomique (incarnée avec brio par Marie Dal Zotto) : simplicité de cœur et sensibilité, mais aussi ses défauts et ses fragilités. Par ailleurs, le film soulève avec justesse de nombreux sujets liés au handicap, qui rejoindront les familles : l’équilibre entre protection et lâcher prise, les moqueries subies, la quête d’amitié vraie des jeunes trisomiques, avec leurs pairs comme avec les ados « normaux ». Sans oublier la question taboue de l’avortement. Car il fallait oser, en prime time sur TF1, mettre dans la bouche d’une jeune handicapée mentale, lors d’un moment de colère à l’adresse de ses parents : « Si vous l’aviez su avant la naissance, vous m’auriez supprimée. » Sans acrimonie aucune. Car, jusqu’à la fin du film, Laura emporte tout par sa naïveté et sa tendresse.

Cyril Douillet, ombresetlumiere.fr – 26 octobre 2017

Lundi 6 novembre, 21h00, TF1

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