Sur le même sujet

Nicole, responsable du service documentaire adapté aux étudiants en situation de handicap. © handirectiondumonde

Nicole, responsable du service documentaire adapté aux étudiants en situation de handicap. © handirectiondumonde

A Montréal, une documentation adaptée aux étudiants handicapés

Des binômes (handi-valides) de l’association Handirection du monde se relaient depuis le 6 juillet pour un tour du monde en huit étapes, afin de découvrir la prise en charge du handicap au-delà des frontières. Première étape : le Canada.

Depuis l’inauguration en 1990 d’un service documentaire adapté aux personnes handicapées à l’Université de Montréal, on ne peut pas passer à côté de Nicole. Cette boule d’énergie et d’humour s’occupe d’environ 700 étudiants en situation de handicap sur un campus d’environ 30 000 étudiants.

Sa mission : repérer la documentation dont les étudiants en situation de handicap ont besoin pour leurs cours et la rendre ensuite accessible au moyen d’équipements informatiques adéquats : conversion sur audiocassettes, en braille ou en gros caractères, selon les besoins ou les préférences de chacun. Elle s’occupe par ailleurs de la formation de ces étudiants à l’utilisation des équipements informatiques ou autres mis à leur disposition. Elle est également un intermédiaire entre les professeurs et les étudiants… et aussi les employeurs.

Lili se rend à ce bureau depuis 6 ans et prépare une maîtrise. C’est une ancienne secrétaire. Diagnostiquée à 27 ans comme ayant le syndrome de Reno, Lili est sujette aux crises d’épilepsie, problèmes de circulation, problèmes neurologiques, difficultés à se concentrer, parfois manque d’équilibre et de souplesse des mains.

Elle a tenté d’étudier un an à l’université de Sherbrooke, celle-ci étant plus proche de chez elle, mais elle a dû revenir à l’université de Montréal car la bibliothèque n’était pas adaptée à son handicap. Même pendant son année à Sherbrooke, elle continuait de venir deux fois par semaine à la bibliothèque de l’université de Montréal.

Elle enregistre la plupart du temps ses cours et entretiens et les réécoute avec un dictaphone à pédalier pour ajuster la vitesse et pouvoir prendre des notes. Même avec cela, parfois elle ne peut pas travailler : elle s’est fait opérer des mains suite à une chute dans les escaliers et des complications dues à ses déficiences. Pendant plusieurs mois, elle ne pouvait pas utiliser son clavier du tout.

Agée de 52 ans et ayant gagné en maturité, Lili se permet d’être plus critique quant à la situation des personnes en situation de handicap. Selon elle, "il y a deux choix dans la vie, soit tu la regardes passer, soit tu la vis ; moi j’ai décidé de la vivre". Si certains font "de la chaise longue", elle, a décidé d’aller de l’avant. Mais c’est un combat de tous les jours, rien n’est acquis.

Perrine Abelé,  Présidente d’Handirection du monde

www.handirectiondumonde.com

Pour aller plus loin

A voir aussi