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En France, un enfant sur 100 naît autiste. © Shutterstock

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Pour mon fils, je suis dans le combat et l’espérance

Claire est la maman de Martin, 5 ans, atteint d’autisme. Elle consacre son temps et son énergie à essayer de sortir son fils de l’autisme. Elle témoigne.

Tout bébé, Martin a présenté un net retard de développement. Dès ses 9 mois, le pédiatre nous a orientés vers le CAMSP où il a bénéficié de séances de kiné. Nous avons consulté différents médecins, dont un neuropédiatre, qui n’ont pas posé de diagnostic. C’est une homéopathe, consultée pour un rhume alors que Martin avait deux ans et demi, qui nous a dit qu’à son avis, il était autiste. Cette annonce a été un choc car nous ne nous y attendions pas du tout. Nous ne connaissions rien à l’autisme. Je suis allée à une réunion qui présentait la méthode des 3 i et cela m’a tentée car on nous a fait espérer une guérison. Martin avait 3 ans quand nous l’avons mise en place. Trente-cinq bénévoles se relayaient auprès de lui. Le planning était lourd à gérer. Cela l’a aidé à sortir de sa bulle, mais les progrès n’étaient pas flagrants. Nous avons persévéré durant un an et demi puis nous nous sommes orientés vers la méthode ABA qui nous semblait plus professionnelle. Depuis quelques mois, quatre psychologues interviennent deux fois par semaine. Il y a beaucoup de stimulation par le jeu, et des récompenses (tablette et chatouilles !) l’aident à rester motivé. Une infirmière et une psychomotricienne interviennent également. Les progrès sont ténus mais bien présents. Martin arrive maintenant à pointer du doigt pour montrer ce qu’il veut. Ce qui est terrible, c’est que beaucoup de choses reposent sur l’investissement des parents. J’ai mis un terme à ma carrière professionnelle. Il y a aussi un coût financier à prendre en compte. Avec tous les intervenants, Martin nous coûte plus de 3000€ par mois. Sans l’aide de nos parents, nous ne pourrions pas y arriver. Il y a malheureusement en France un autisme des riches et un autisme des pauvres….En septembre, il sera scolarisé à mi-temps avec une AVS.

Régime alimentaire

Parallèlement, nous avons mis en place un régime alimentaire spécial. Nous avons commencé par supprimer le lait et le gluten, et depuis quelques mois, Martin suit un régime Gaps. Il ne mange plus que de la viande, des légumes, des fruits et des compléments alimentaires. L’amélioration de l’état de santé de Martin est très nette. Il est beaucoup plus calme, les crises de colère se sont espacées, il ne se tape plus la tête contre les murs, il dort mieux, lui qui était très maigre a repris du poids… Ce régime a transformé notre vie, nous pouvons à nouveau sortir plus sereinement avec Martin, notre vie de couple bien malmenée est apaisée… C’est en quelque sorte une renaissance! C’est sûr qu’il y a beaucoup de sacrifices à faire mais je suis convaincue qu’il y a une chance de sortir Martin de son autisme, alors même si certains jours le découragement peut apparaître, il est passager. Je suis dans le combat et l’espérance soutenue par mon mari et par ma foi. Martin a reçu le sacrement des malades et je commence à le préparer à sa première communion. C’est un petit garçon très mignon qui me donne l’énergie pour me battre et l’aider!

Recueilli par Christel Quaix, ombresetlumiere.fr – 27 avril 2017

Lire tout le dossier « Quel espoir pour les enfants autistes ? » : Ombres et Lumière n°217

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