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"Princess" raconte l'histoire d'Anna Lappalainen (interprétée par Katja Kukkola), une femme retranchée dans son délire, qui fit le bien autour d'elle.

"Princess" raconte l'histoire d'Anna Lappalainen (interprétée par Katja Kukkola), une femme retranchée dans son délire, qui fit le bien autour d'elle.

Princess

Projeté dans quelques salles de cinéma, le film "Princess" raconte l’histoire vraie d’Anna Lappalainen, une femme schizophrène qui passa plus de 50 ans en hôpital psychiatrique en Finlande. Un bon film, à la fois dur et émouvant, pour un public averti.

C’est une plongée dans l’univers de la folie, dans la seconde moitié du 20e siècle, en Finlande. Tiré d’une histoire vraie, celle d’Anna Lappalainen, une femme schizophrène qui vécut plus 50 ans à l’hôpital psychiatrique de Kellokoski, Princess est un film à la fois dérangeant et touchant.

Dérangeant car sa facture réaliste confronte à la réalité crue des maladies psychiques avec ce qu’elles comportent de délires, de violence – les tentatives de suicide –, et d’étrangeté.

Touchant, car Princess dresse le portrait d’une femme enfermée dans son délire – elle affirme être princesse, membre de la famille royale d’Angleterre – sans doute pour se protéger d’une histoire que l’on devine trop douloureuse.

Après une enfance difficile passée dans de nombreux foyers d’accueil, la vraie Anna Lappalainen eut une carrière de danseuse de cabaret avant de devenir masseuse. Mariée brièvement à un homme plus âgé, elle fut admise en 1933 à l’hôpital psychiatrique de Kellokoski pour maniaco-dépression, psychose et folie. Tout le reste de sa vie se passa en internement. Au fil des années, répandant de la joie autour d’elle, Anna gagna la sympathie des autres résidents, des villageois à qui elle proposait des massages contre quelques pièces, et même des soignants. Résistante aux traitements, Anna Lappalainen en expérimenta plusieurs.

C’est aussi l’un des intérêts de ce film de nous montrer l’évolution de la psychiatrie : débuts de la sismothérapie (électrochocs), scandale de la lobotomie (une opération qui visait la section de fibres nerveuses de la substance blanche du cerveau), approche rééducative…

Sorti en Finlande en 2010 où il a emporté un beau succès, Princess rappelle combien au milieu des tourments de la maladie percent des éclairs de vérité, de joie, d’humanité, parfois de paix. En 1995, un monument a été érigé dans le parc de l’hôpital de Kellokoski en l’honneur d’Anna Lappalainen, une première pour un patient.

Florence Chatel, ombres et lumiere.fr – 10 août 2016

Réalisé par Arto Halonen, sortie en salles le 24 août 2016.

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