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Stronger raconte la résilience d'une victime des attentats de Boston. Un film très réussi ! © Metropolitan Filmexport

Stronger raconte la résilience d'une victime des attentats de Boston. Un film très réussi ! © Metropolitan Filmexport

Stronger

Inspiré par l’histoire vraie d’une victime des attentats de Boston, Stronger offre un grand moment de cinéma, entre résilience intime et collective.

L'histoire

Avril 2013. Alors qu’il venait encourager son amie Erin, le jeune Jeff Bauman fait partie des victimes de l’attentat terroriste du marathon de Boston, qui a fait des dizaines de blessés parmi les sportifs et les supporters. Il s’en sort avec une amputation des deux jambes. Quand sa famille et sa ville veulent faire de lui un héros, Erin veut juste l’aider à se remettre debout et l’aimer.

L’avis d’O&L

Voilà un film très réussi, inspirée de faits réels, et aux multiples entrées. C’est d’abord une histoire de résilience, classique mais belle : celle d’un jeune employé de la distribution, un peu loser et immature, qui va, à travers ce traumatisme (attention, certaines images sont crues) et ses répercussions, grandir intérieurement, apprendre à aimer et à se laisser aimer, prendre soin de soi et transformer l’épreuve en opportunité. Les deux acteurs principaux, Jake Gyllenhaal et Tatiana Maslany, forment un couple atypique et touchant, à tâtons l’un vers l’autre. Mais Stronger réserve aussi une autre dimension, plus sociétale, voire anthropologique : c’est la façon dont la victime devient un héros, pour sa famille issue de la classe populaire, pas peu fière de la notoriété soudaine du jeune homme, mais aussi pour toute une ville choquée. La scène de l’entrée du jeune homme tout juste amputé, encore complétement sonné, sur le terrain d’un match de hockey local devant une foule en délire et des panneaux affichant « Boston strong », est tout bonnement époustouflante - et dérangeante, comme un symptôme d’une Amérique en pleine catharsis. Lui répond, en fin de film, le lancement d’un match de base ball par Jeff, alors que lui-même a choisi de se battre et de témoigner de la force de la vie : cette fois, c’est bien la communion d’une communauté, rassemblée autour du plus fragile, qui crève l’écran. Et Jeff Bauman de devenir métaphore d’une Amérique debout et humanisée.

Cyril Douillet, ombresetlumiere.fr – 6 février 2018

Un film de David Gordon Green, sortie en salles le 7 février 2018.

Pour aller plus loin