Sur le même sujet

  • "Tout baptisé peut donner le Christ"

    Sous l’impulsion de Mgr Albert Rouet, archevêque émérite de Poitiers, est née une expérience diocésaine unique avec des personnes handi

  • Appelés à servir

    Infirme moteur cérébral, en fauteuil roulant, Michel Pilon est diacre permanent du diocèse du Mans et marié depuis 40 ans à Madeleine.

  • François, le Poverello

    Tout au long de cette année, Jean Vanier médite pour Ombres et lumière sur la vie de saint François.

Pèlerinage à Rome avec des lecteurs d'Ombres et Lumière en octobre 2014. © C de la Goutte / Ombres et Lumière

Pèlerinage à Rome avec des lecteurs d'Ombres et Lumière en octobre 2014. © C de la Goutte / Ombres et Lumière

Synode : le défi du handicap

Dans le document de travail du prochain Synode sur la famille, qui se tiendra du 4 au 25 octobre 2015, trois paragraphes s’intéressent aux familles ayant un enfant handicapé. Les voici.

Un regard spécial pour les familles confrontées à la fragilité

21. Il faut accorder un regard spécial aux familles des personnes diversement habiles, où le handicap, qui intervient à l’improviste dans la vie, engendre un défi, profond et inattendu et bouleverse les équilibres, les désirs, les attentes. Cela entraîne des émotions contrastées, qu’il faut gérer et élaborer, et impose des tâches, des urgences et des besoins nouveaux, ainsi que des rôles et des responsabilités différentes. L’image familiale et son cycle vital tout entier sont profondément perturbés. Toutefois, la famille pourra découvrir, avec la communauté chrétienne à laquelle elle appartient, des habiletés différentes, des compétences imprévues, de nouveaux gestes et langages, d’autres formes de compréhension et d’identité, au cours du long et difficile chemin d’accueil et d’attention au mystère de la fragilité.

Une rencontre, occasion de croissance pour la communauté entière

22. Ce processus, en soi extraordinairement complexe, devient encore plus pénible dans ces sociétés où survivent des formes impitoyables de stigmatisation et de préjugés, qui empêchent la rencontre féconde avec le handicap et l’émergence de la solidarité et de l’accompagnement communautaire. Une rencontre qui, en réalité, peut constituer, pour chacun et pour la communauté entière, une occasion précieuse de croissance dans la justice, dans l’amour et dans la défense de la valeur de toute vie humaine, à partir de la reconnaissance d’un profond sens d’unité dans la vulnérabilité. Il faut souhaiter que, dans une communauté réellement accueillante, la famille et la personne qui ont des besoins particuliers ne se sentent pas seules et mises à l’écart, mais qu’il leur soit donné de trouver réconfort et soutien, spécialement quand les énergies et les ressources familiales viennent à manquer.

Le défi de l'"après nous"

23. À ce propos, il faut considérer le défi que l’on appelle l’“après nous” : pensons aux situations familiales de pauvreté et de solitude ou au récent phénomène grâce auquel, dans les sociétés économiquement plus avancées, l’allongement de l’espérance de vie permettra aux personnes diversement habiles de survivre, avec beaucoup de probabilité, à leurs parents. Si la famille parvient à accepter avec les yeux de la foi la présence en son sein de personnes porteuses de handicap, elle pourra aussi les aider à ne pas vivre ce handicap comme une limite et à reconnaitre leur valeur différente et originale. Ainsi pourra être garantie, défendue et mise en valeur la qualité possible de toute vie, individuelle et familiale, avec ses besoins, avec son droit à la même dignité et aux mêmes opportunités, aux services et aux soins, à la compagnie et à l’affectivité, à la beauté et à la plénitude de sens, à toutes les phases de la vie, de sa conception à la vieillesse, jusqu’à sa fin naturelle.

ombresetlumiere.fr - 7 juillet 2015

Pour aller plus loin

A voir aussi