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© Luc Tesson pour Ombres et Lumière

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Un cheminement à inventer avec chacun

Que répondre à une personne avec un handicap mental qui souhaite se marier ? Michèle Dormal, chargée de formation pour l’Arche en France, s’est beaucoup intéressée à cette question.

Le désir de mariage est-il très présent chez les personnes porteuses de handicap ?

Jean Vanier parle du "Désir des noces" légitime qui existe en toute personne. Les parents ont milité pour que leurs enfants handicapés reçoivent une instruction scolaire, qu’ils soient intégrés dans le monde du travail. La suite logique est ce désir de vivre en couple comme tout le monde. Les parents ne se sont peut-être pas rendu compte de cette tendance irréversible. Une porte a été ouverte, elle ne peut pas être refermée au prétexte qu’on a peur. Si on casse le rêve, on casse la personne.

Il faut être honnête et reconnaître que l’on tâtonne un peu, que les questions sont nombreuses. Un cheminement particulier est à inventer en fonction de chacun. Pour les uns, ce cheminement conduira au mariage chrétien car il n’y a pas de raison de les écarter d’office de ce sacrement. Pour les autres, on célèbrera des fiançailles, signe pour eux d’une reconnaissance de leur amour sans qu’il y ait de projet de mariage, d’autres vont décider en toute liberté de rester célibataire et d’autres vivront dans un entre-deux pourquoi pas toute leur vie. Des personnes qui ont vraiment choisi le célibat peuvent avoir des vies très riches. Mais voilà, il ne faut pas être intrusif et leur imposer ce que l’on pense être bon pour eux.

La notion de discernement semble primordiale…

C’est la véritable clé de voûte. Le grand défi est de "ne pas faire pour". Oser laisser les personnes handicapées être adultes avec leurs moyens et leurs richesses. Il peut être difficile pour eux de se projeter dans le mariage ; partager par exemple des week-ends ou des vacances peuvent constituer des expériences qui les aident dans leur compréhension et leur discernement.

A l’occasion du mariage d’un frère ou d’une sœur, la question du pourquoi pas moi est souvent très présente. Mais là encore, il convient de discerner ce qui se cache derrière cette question. Le jeune est-il triste car son frère quitte la maison ? Parce qu’il sent que le mariage n’est pas pour lui ? Parce que ce mariage ravive sa douleur d’être handicapé ? Il ne faut surtout pas se sentir obligé de répondre à cette question immédiatement. Ce peut être l’occasion de demander à son parrain, sa marraine, un cousin proche d’entendre ce désir et d’écouter sa souffrance.

Propos recueillis par Christel Quaix

Ombres et Lumière n°200

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