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C'est en changeant de regard sur son propre corps blessé que Nathalie a choisi la voie professionnelle de kinésithérapeute. © Fotolia

C'est en changeant de regard sur son propre corps blessé que Nathalie a choisi la voie professionnelle de kinésithérapeute. © Fotolia

Un lien privilégié avec le corps blessé

C’est en pratiquant des séances de kiné suite à des accidents de sport que Nathalie découvre et s’oriente vers le métier de masseur-kinésithérapeute.

A 18 ans, choisir une orientation professionnelle n'est pas facile. J’hésitais entre médecine, prof de sport, sapeur-pompier... A l'époque, je pratiquais beaucoup de sports et notamment le volley et la planche à voile en compétition, je me suis alors dirigée vers une fac de sport. Au cours de mes études, à la suite d'accidents de sport, j'ai eu besoin de rééducation et de massage. Touchée par la douceur, l'écoute, la disponibilité de certains kinés, une transformation intérieure s'opéra en moi. Je pris conscience qu’il fallait que je passe du stade de la compétition, où je recherchais la maîtrise et la performance physique et mentale, à celui "du prendre soin", du respect de mon corps blessé, de l’acceptation de mes fragilités, pour être dans une juste relation soignant/soigné.

Ce changement de regard, dans mon vécu corporel et relationnel, a éclairé ma voie professionnelle et je suis devenue masseur-kinésithérapeute.

Aider le patient à se reconstruire

J’ai travaillé 10 ans dans différents services d'un CHU, dont cinq années en centre de rééducation fonctionnelle auprès de personnes cérébro-lésées et poly traumatisées. Ce fut un travail d'équipe très intéressant où plusieurs fois par jour, pendant parfois plusieurs années, nous essayons d'accompagner les patients (et leur famille) dans le deuil de leur vie passée et dans la "reconstruction" d'un projet de vie. Comme kiné, j’intervenais, par exemple, pour favoriser la récupération de la motricité, entretenir les amplitudes articulaires, prévenir les troubles circulatoires ou respiratoires, et aussi pour rééduquer des fonctions d'équilibre et de coordination afin d'améliorer ou maintenir une autonomie dans les activités quotidiennes. C’est un métier où l’on a un lien privilégié avec le corps blessé, où l’on reçoit souvent des confidences des personnes. On touche et on est touché. Elles m’ont appris l’humilité et la patience, j’ai admiré leur détermination et leur courage dans l’acceptation et le dépassement de leur handicap.

J’ai souvent regretté de ne pas avoir assez de temps à leur consacrer car je voyais jusqu’à 10 personnes deux fois par jour ! Ayant quitté le monde hospitalier pour exercer en libéral, je continue aujourd'hui à développer une approche plus intégrale du soin de la personne en lien avec son environnement et son mode de vie.

Recueilli par Caroline de La Goutte

Ombres et Lumière n°209

En replay : "En quête de sens" sur Radio Notre-Dame, "Professionnel du handicap : simple métier ou vocation ?"

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