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© Luc Tesson pour Ombres et Lumière

© Luc Tesson pour Ombres et Lumière

Une bonne hygiène indispensable pour soi et pour les autres

Sophie a quatre enfants dont le cadet Sébastien, 26 ans, souffre d’un handicap mental et d’une hémiplégie. En tant que maman, elle est très soucieuse de son hygiène corporelle. Elle témoigne du chemin parcouru.

Tant que Sébastien a été petit, la toilette n’a jamais posé de problème. Les choses se sont corsées à la préadolescence car je me sentais gênée devant son corps qui évoluait. Quand il a eu 14-15 ans, mon mari a pris le relais pour les soins intimes. Maintenant, Sébastien se trempe dans le bain, va sous la douche mais n’a aucune conscience de ce qu’est la propreté. J’ai dû lui apprendre par cœur tous les gestes à faire : mettre la main le gant, mouiller le gant, attraper le savon… Tout est ritualisé. La douche, c’est le soir. S’il est sale et que je lui suggère d’en prendre une dans la journée, c’est impossible. Il sait qu’il doit se laver les cheveux tous les 4 jours. Il compte les jours mais il est incapable de se rendre compte si ses cheveux sont gras. Il aime bien se parfumer. Je ne veux pas l’en dissuader mais il a tendance à en mettre trop et d’agréable, le parfum devient irrespirable. De même pour le déodorant. Il a souvent la main un peu lourde. Si on lui fait une remarque, il arrête d’en mettre et là, le résultat est pire car il sent la transpiration. Ce n’est pas facile à gérer mais je suis très vigilante sur son hygiène car je veux que les gens le regardent avec plaisir. Il a un physique un peu ingrat, il ne lui est pas facile de rentrer en contact avec l’extérieur alors s’il ne sent pas bon, cela devient très compliqué. J’ai conscience qu’il ne sera jamais autonome mais j’essaie de faire au mieux. Aujourd’hui, nous avons franchi une nouvelle étape car il vit dans un foyer. Je ne reproche rien aux assistants mais il est sûr qu’ils n’ont pas les mêmes exigences qu’une maman. Par exemple, ils le laisse se raser seul. Quand je le retrouve après 3 semaines, il a des poils épars de 3 centimètres et je trouve ça horrible. Un tee-shirt avec des tâches ne les dérange pas et Sébastien non plus. Dès qu’il est à la maison, c’est le chek-up complet. Il prend un bon bain, je lui coupe les ongles, lui lave les oreilles… Je le veux sous son meilleur jour pour lui et pour les autres.

Propos recueillis par Christel Quaix, ombresetlumiere.fr – 30 octobre 2015

Pour aller plus loin : lire le dossier En Famille dans Ombres et Lumière n°208

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