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© DR / Ombres et Lumière

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Une exceptionnelle fécondité

Leurs cœurs et la vie ont conduit Pol-Marie et Christiane Boldo sur un chemin qu'ils ne soupçonnaient pas : de nombreux enfants, l'œuvre Emmanuel Adoption et la Cité Notre-Dame de la Vie.

Le visage de Pol-Marie exprime beaucoup de sagesse et une grande bonté. Comme Christiane d'ailleurs, toujours souriante et au regard si pétillant ! On les sent très ajustés l'un à l'autre et humbles pour dire, simplement mais avec enthousiasme, la conviction qui les anime. "Dès le départ, nous étions touchés par la pauvreté, l'injustice, et nous avions envie de faire de notre vie quelque chose de sérieux, avec une grande soif de donner et de recevoir de l'amour". Très vite, ils mettent au monde deux garçons, puis une petite fille. Mais, comme un coup de tonnerre, la mort subite de Stéphanie, emportée à trois mois, les laisse perdus, cassés et très isolés. Malgré leur foi en sommeil, ils expérimentent peu à peu la présence à leurs côtés d'un Dieu aimant, compatissant, et se sentent consolés. "Le jour de l'enterrement, devant le petit cercueil de notre enfant, à notre propre étonnement, une prière jaillit spontanément de nos cœurs, sans savoir où elle nous mènerait". Ils perçoivent et promettent que les enfants auraient une place importante dans leur vie. C'est bien des années plus tard, avec huit enfants nés de leur union et onze enfants adoptés, et avec la fondation d'une œuvre d'adoption, qu'ils réalisent combien le chemin spirituel pris à cet instant les a conduits à désirer faire toujours plus la Volonté de Dieu.
Mais revenons à leur histoire… Stéphanie les entraîne vers les enfants privés de parents. Pourquoi ne pas en adopter ? "Après un an de démarches, une petite Hélène âgée de cinq ans, d'origine haïtienne et en pleine santé, nous est confiée". Mais ceux dont personne ne veut, les enfants malades ou handicapés, peuvent-ils eux aussi être adoptés ? " Secrètement nous offrions nos "oui" de principe à Dieu pour accueillir de tels enfants dans notre famille. Nous nous sentions fous, incapables, mais dans la grâce d'un appel particulier". Deux appels répondent à leur prière : un petit garçon indien paralysé des jambes suite à une poliomyélite, puis une petite fille colombienne présentant un grand retard et un possible handicap. Les Boldo les accueillent alors sans hésiter, tandis que d'autres enfants naissent dans leur foyer.
A cette époque, en France, Jean et Lucette Alingrin créent une œuvre d'adoption d'enfants handicapés. Leur rencontre bouleverse et rassure les Boldo. Ils rentrent la tête et le cœur pleins. N'y aurait-il pas aussi en Belgique des enfants placés en institutions et des parents prêts à ouvrir leur maison et leur amour ? La force du témoignage aidant, très vite, ils reçoivent un appel pour accueillir un petit enfant trisomique et trouvent une famille adoptive. L'œuvre Emmanuel-Adoption démarre. Mais comment mener de front, cabinet médical, famille, et œuvre en pleine croissance ? Après un profond discernement, Pol-Marie décide de cesser son métier et devient salarié de l'œuvre d'adoption, soutenue uniquement par des bienfaiteurs. Un saut dans la confiance ! Le service de la vie et son respect ? Un vrai combat pour Pol-Marie et Christiane, mais dans l'amour. "Nous désirons montrer la beauté de la vie, et faire entrevoir l'espérance là où se vit la souffrance".
Pour eux, s'engager personnellement à vivre avec des enfants différents, dialoguer avec le corps médical, n'est-ce pas proposer une alternative à l'avortement ? Si des parents sont prêts à prendre à leur charge un enfant différent, il n'y a plus de raison de l'empêcher de vivre. "La charité des actes donne force à la charité des mots !". L'œuvre est confiée à la prière des contemplatifs, à celle de personnes souffrantes, pour qu'elle porte du fruit. Et elle en porte !
Une grande maison se libère providentiellement près du sanctuaire marial de Notre-Dame de Banneux, un foyer de vie pour personnes handicapées mentales s'ouvre et une Cité de la Vie voit le jour. Les fins de mois sont certes difficiles, mais "les petits dons comme des petites sources alimentent les grandes rivières !" dit Pol-Marie, toujours ancré dans l'abandon à la Providence. Depuis un certain temps, les responsabilités ont été déléguées aux personnes impliquées dans les différents projets de l’oeuvre. Leurs propres enfants appellent la présence de Pol-Marie et Christiane et les confrontent à tous les défis éducatifs actuels. "Nous sommes une famille qui a des difficultés bien sûr comme les autres, mais avec peut-être une grâce particulière !". On ne peut en douter.

Catherine Blaise, Ombres et Lumière n°155

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