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Une paroisse accueillante, source de guérison pour chacun

Prêtre du diocèse d’Ile-de-France, le Père Christian Mahéas, fort de sa foi et d'une longue amitié avec les personnes handicapées, nous invite tous, chrétiens, à nous laisser évangéliser par ceux qui "dérangent".

Pas évident pour des parents d'emmener leur enfant handicapé à la messe du dimanche! La peur de déranger et de ne pas être à la hauteur les empêchent d'y participer, parfois pendant des années, et les privent, souvent bien malgré eux, d'une grâce et d'un soutien primordial.

Or l'Eucharistie est "la source et le sommet de toute la vie chrétienne" (Lumen Gentium). En elle, Jésus associe son Église et tous ses membres  à son sacrifice de louange offert une fois pour toutes sur la Croix à son Père. Il permet ainsi au Corps qu'est l'Église de se constituer, de recevoir les grâces et les forces nécessaires pour son pèlerinage sur la terre.

Si tout baptisé est membre de ce Corps ; si nous découvrons profondément qu'il est fait de membres différents; si les plus faibles lui sont nécessaires (1 Co 12,24), alors il n'y a aucune raison pour qu'un membre, aussi handicapé et fragile soit-il, n'ait pas sa place au cœur de cette assemblée, la messe étant le rassemblement de tout le peuple de Dieu.

La prédilection de Jésus pour les personnes malades et handicapées en Palestine montre que l'Église ne saurait faire autrement que de prolonger jusqu'aux membres les plus faibles de l'humanité d'aujourd'hui, ces gestes de Jésus que sont les sacrements et l'Eucharistie en particulier. De tels membres y ont même un droit prioritaire.

Célébrant la messe chaque semaine devant une grande assemblée de personnes handicapées, je suis touché par leur foi simple et forte. Ils reconnaissent dans l'Eucharistie le lieu où Jésus se donne à eux : la déférence avec laquelle ils reçoivent le Corps du Christ m'édifie de plus en plus. Les personnes extérieures présentes sont marquées par cette atmosphère de foi et interpellées quant à leur propre manière de vivre l'Eucharistie. Les cris qui jaillissent parfois ici ou là font partie intégrante de la liturgie.

Vicaire dans une paroisse où des personnes ayant un handicap participent avec leur famille à la messe du dimanche, je suis frappé de voir combien un regard accueillant et bienveillant peut être d'un grand soutien pour ces familles. Je me souviens de la confirmation d'Augustin : au moment de l'onction d'huile sainte, le représentant de l'évêque s'est mis à genoux devant lui pour signifier l'attention privilégiée dont il était l'objet. Ce geste simple et profond a marqué l'assemblée, plus que tout discours.

"Prenez place au cœur de l'Église", disait Jean Paul II aux personnes handicapées. Beaucoup reste certainement à faire pour que ces paroles deviennent réalité dans nos paroisses ! Mais les initiatives se multiplient et les mentalités reconnaissent aujourd'hui de plus en plus la richesse dont sont porteurs nos frères blessés dans leur intelligence ou dans leur corps. Tournons-nous vers eux pour les accueillir, mais bien plus, apprenons à recevoir d'eux cette présence mystérieuse de Jésus.

Père Christian Mahéas, Ombres et Lumière n°154

 

 

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