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© Luc Tesson

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Vacances chez les grands-parents : un accueil tout en nuances

Recevoir ses petits-enfants, en particulier celui qui a un handicap, seul ou en famille, est le plus souvent une joie. Mais cet accueil n’est pas toujours possible ou facile. Quelques conseils du Professeur Marie-Odile Rhétoré.

Pendant les vacances, vous les grands-parents, vous pouvez aider vos enfants, les soulager. C’est votre rôle dans la famille : donnez à vos petits-enfants handicapés la possibilité d’être accueillis, en laissant un peu de côté leur handicap, quand cela est possible. Bien sûr il faut être prudent, mais ingéniez-vous pour que ce petit-enfant, considéré comme fragile par la terre entière, puisse chez vous vivre sa vie d’enfant.

Certes il existe des situations douloureuses où les parents refusent de vous confier leur enfant, pour des raisons variées : hantise que vous vous rendiez compte de la gravité du handicap; peur d’un risque car ils vous voient fatigués et peut-être plus anxieux étant donné votre âge ; mauvaise entente en famille, etc… Malgré votre souffrance, il est important de respecter ces réserves, mais de ne pas cesser de proposer d’accueillir. 

L’enfant handicapé seul avec vous

Si vous vous en sentez la force, vous pouvez proposer aux parents d’accueillir leur enfant handicapé seul en vacances, chez vous.
Renseignez-vous sur ce qui se passe d’habitude à la maison, pour aller dans le même sens que les parents, tout en restant "les grands-parents". Vous pourrez autoriser certaines souplesses, en prévenant vos enfants auparavant. Par exemple, si votre petit-enfant a un surpoids, bien entendu il ne doit pas boire de boisson sucrée. Mais chez ses grands-parents, il pourra peut-être de temps en temps se permettre un Coca-light ! Il saura que c’est exceptionnel.

De même, vous pourrez faire des activités que ses parents n’ont pas le temps de mettre en route. Aller à la piscine pour apprendre à ne pas avoir peur de l’eau, commencer à faire du vélo, jouer d’un instrument de musique, faire de la peinture un peu librement...
C’est une joie alors de permettre à ce petit-enfant de vivre ces jours de vacances sans contraintes d’horaires, de transport en taxi, sans programme.
Faites tout ce que vous pouvez pour que l’on parle le moins possible de rééducation, de traitement, d’avenir. On ne va pas chez le kiné, on peut se lever plus tard, on mange les plats qu’on aime.... Ce sont les vacances !

Avec les parents, une présence discrète et aidante

La sagesse et la prudence veulent qu’il soit préférable parfois de limiter la durée des vacances, plutôt que d’être trop longtemps ensemble, et d’aboutir à des tensions.

Les vacances peuvent être un moment privilégié pour écouter et échanger sur les difficultés évoquées par les parents. Avec votre vision un peu extérieure, vous repérez souvent plein de merveilles chez vos petits-enfants et pouvez délicatement les montrer aux parents qui sont collés au négatif, à la réalité qui les fait tant souffrir.

Vous serez peut-être en désaccord sur le mode d’éducation donné à votre petit-enfant mais ne donnez jamais tort aux parents devant lui. Ce n’est pas parce qu’il a un handicap qu’il ne comprend pas. Surtout ne pas faire de réflexion du genre : "Vous n’auriez pas dû faire ceci ou cela, laissez-le moi, avec moi cela va marcher et bien se passer." Ce serait une catastrophe. Il vaut mieux laisser les parents gérer la situation et avaler sa salive. Vous n’êtes pas responsables de l’enfant et devez accepter de ne pas être aussi viscéralement au cœur de la vie de famille de vos enfants. Le secret de la bonne entente est d’écouter et de voir sans dire. Soyez là quand il faut, mais sachez aussi vous retirer. N’ayez pas peur d’être vous-mêmes avec un amour inconditionnel, sans oublier l’humour.

Marie-Odile Réthoré

Ombres et Lumière n°164

 

 

 

 

 

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