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Samuel (à gauche sur la photo) avec des personnes de l'Arche, à Matignon le 2 décembre 2016. Ce jour-là, Jean Vanier recevait la médaille de commandeur de la Légion d'honneur des mains du Premier ministre Manuel Valls. © Elodie Perriot

Samuel (à gauche sur la photo) avec des personnes de l'Arche, à Matignon le 2 décembre 2016. Ce jour-là, Jean Vanier recevait la médaille de commandeur de la Légion d'honneur des mains du Premier ministre Manuel Valls. © Elodie Perriot

Voter est vital pour moi

Samuel, 35 ans, est bibliothécaire et vit dans un studio de l’Arche à Paris. Atteint d’autisme, il est passionné entre autres de politique.

J’ai commencé à m’intéresser à la politique en 1995 en regardant le débat pour la Présidentielle entre Chirac et Balladur. Quand j’ai eu 18 ans, mes parents ont insisté pour que j’aie le droit de vote car ils voyaient que c’était très important pour moi – NDLR : le choix de la curatelle comme mesure de protection a alors été décisif pour les parents de Samuel.

Ce sont les bons côtés qui m’intéressent dans la politique. Les histoires, les affaires, les promesses non tenues, ce sont les mauvais côtés de la politique, mais il n’y a pas que çà. Pendant les débats, quand ils se rentrent dedans, pour moi, c’est comme regarder un match de boxe ! C’est pugnace.

J’ai mes propres idées en politique. J’ai su que j’étais de droite quand j’ai entendu le premier discours d’Alain Juppé, Premier ministre de Chirac. Récompenser ceux qui font des efforts au travail, cela m’a parlé. J’ai apprécié aussi qu’un gouvernement de droite fasse la loi sur le handicap en 2005.

Je regarde beaucoup la chaine parlementaire. J’ai regardé tous les débats de la droite et de la gauche, et je suis allé voter aux deux primaires. Je lis la presse : le Parisien, le Figaro, Libération… Quand il y a des discours politiques de personnes que j’aime bien, j’y vais. Un meeting, ça m’évoque mes deux autres passions : un match de foot avec le public qui crie, et un concert avec l’orateur qui est comme un chanteur.

J’aimerais qu’on reconnaisse plus le droit des travailleurs handicapés dans la société. 

Une proposition que je fais aux candidats : que les travailleurs handicapés aient une prime au bout de cinq mois de travail. Ils ont du mal à s’insérer dans la vie sociale ; ce serait pour les récompenser de s’être intégrés. Et l’employeur pourrait choisir le montant de la prime.

Je trouve que l’on ne reconnaît pas les personnes handicapées à leur juste valeur. Pour moi, elles sont plus intelligentes que certaines personnes « valides ». Elles donnent plus, elles sont plus attentives aux gens. C’est une richesse d’avoir un handicap. Je suis une richesse pour mes collègues. Parfois, je leur apprends des choses qu’ils ne connaissent pas.

Je voudrais que l’on soit dans un monde plus fraternel. Après les attentats de novembre 2015, c’était très beau cette France solidaire, tous les chefs d’Etat, je voudrais que ça soit toujours comme çà.

Voter est un devoir. Les gens qui se plaignent et ne vont pas voter m’insupportent. 

Voter est vital pour moi. Si je n’y vais pas, je suis malheureux. Quand je ne peux pas me déplacer, je fais toujours une procuration. On a la chance de vivre dans un pays démocratique où on ne nous impose pas un président. Cette liberté, il faut l’exercer.

Samuel, ombresetlumiere.fr – 2 mars 2017

Lire le  dossier « Handicap et citoyenneté. Acteurs de la vie publique » : Ombres et Lumière216

 

 

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