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Claire Maraillet a 33 ans. Elle a le syndrome d'Asperger, une forme d'autisme. © D.R.

Claire Maraillet a 33 ans. Elle a le syndrome d'Asperger, une forme d'autisme. © D.R.

Yes we can !

Peut-on sortir de l'autisme ? Claire Maraillet tente de répondre à cette question à partir de son expérience de vie avec le syndrome d'Asperger.

Combien de fois, ai-je entendu des "amis" prier pour une "guérison / délivrance" de mon autisme remplis de compassion, me voyant comme "malade". Seulement voilà, je ne suis pas malade. Les maladies tuent : le cancer dans toutes ses formes tue, le SIDA tue, la mucoviscidose tue, et j’en passe. L’autisme lui ne tue pas. S’il faut "trouver un coupable", ce serait plutôt le regard des autres qui nous tue. Avec un entourage pareil, non, on ne peut pas sortir de l’autisme, puisqu’on ne l’accepte pas ou on ne l’apprécie pas à sa juste valeur – c’est-à-dire une culture comme tant d’autres, qui sort de l’ordinaire car elle ne correspond pas aux normes. Et si l’entourage se sensibilisait volontairement à l’autisme et à toutes ses formes, en s’intéressant tout simplement à la personne, désirant la connaître comme n’importe qui d’autre ?

Peut-on "sortir de l’autisme" ? Ma réponse est Yes, we can !, mais pas forcément comme les gens le voudraient. Personnellement, je me considère comme étant "sortie" de mon autisme : dans le sens où j’ai appris à l’aimer, à vivre avec, à me sentir libre de me débrouiller sans rejeter qui je suis. J’ai appris à respecter la "culture non-autiste", à voir certaines de ses paillettes et à comprendre ses défauts. Mais ma culture ne disparaîtra pas du tableau car elle me permet de voir la vie sous un angle nouveau par rapport à d’autres, elle y apporte une "touche" de couleur, de respect ou autre chose. à partir du moment où je me suis détachée de ce regard des autres, j’ai trouvé l’envie de continuer ma vie jusqu’au bout pour impacter ce monde, malgré les embûches, et de lui apporter ce que j’ai à apporter comme je peux.

Je suis "sortie" de mon autisme, car à une époque noire de ma vie, j’ai trouvé Dieu. Enfin, il exauce mes prières et met sur mon chemin des personnes capables, parfois, de casser un peu ou beaucoup cet isolement forcé, me permettant d’exister comme n’importe qui d’autre, au moins de temps en temps, sinon régulièrement. Avec ces personnes-là, qui me voient comme quelqu’un de normal et unique qui sort - juste un peu beaucoup - de l’ordinaire, je peux exister, tout simplement. Si j’en suis sortie, d’autres le peuvent également. Mais pour cela… c’est à vous, bien souvent, de vouloir puis de nous donner "une chance" pour le faire, acceptant et vous adaptant à notre fonctionnement différent.

Claire Maraillet

Lire le dossier "quel espoir pour les enfants autistes?" : Ombres et Lumière n°217.

Retrouvez Claire Maraillet sur son blog.

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