Parrain-marraine

En ce début d'automne, nous nous préparons au mariage d'un de nos petits-enfants, le premier de cette génération, avec une joie qui l'emporte sur le sentiment inévitable de « petit coup de vieux ».

Au jour de son baptême, ses parents avaient choisi, avec une intuition heureuse, un parrain et une marraine solides dans la foi et très différents. Le parrain, ami d'étude du papa, brillant intellectuel, ordonné prêtre un peu plus tard, devenu professeur de théologie à l'Institut Catholique de Paris, expert et conférencier réputé. Il vient de mourir après une longue et douloureuse agonie, d'une maladie incurable.

La marraine, c'est notre fille. Au moment du baptême, son handicap repéré était une déficience intellectuelle. Le diagnostic de maladie psychique n'était pas clairement posé.

Au fil des années, le choix initial des parents a tenu ses promesses.

Lui a été un repère précieux pour l'intelligence de la foi, présent fidèlement dans les joies, les choix et les peines de son filleul, jusque dans la manière de vivre les deniers instants de sa vie. 

Elle, souvent évoquée dans cette chronique, présence discrète et priante, ne rate aucun des événements de la vie de son filleul. Elle suscite chez lui en retour, sans l'avoir cherché, des gestes d'affection et de tendresse parfois plus visibles que les siens. A tel point qu'il m'est arrivé, je l'avoue, de confondre les rôles, et de parler d'elle comme sa « filleule » au lieu de sa marraine, à mon petit-fils.

Il s'est demandé quel service il pouvait confier à sa marraine le jour de la célébration du mariage. Sa fiancée et lui ont trouvé : ils lui remettront le bouquet de la mariée qu'elle ira, avec eux, offrir à Marie à la fin de la cérémonie.

Est-il besoin de préciser que Marie-France, mon épouse, et moi sommes comblés ? Sans que parrain et marraine se soient rencontrés après le baptême de leur filleul, les voilà associés, et au-delà de la mort, dans une communion d'amour, qui anticipe ce à quoi nous sommes tous appelés.

Pierre Sarreméjean, ombresetlumiere.fr – 2 octobre 2017

Père de quatre enfants dont deux sont atteints de maladie psychique, Pierre Sarreméjean est membre de Relais Lumière Espérance, un mouvement spirituel pour les proches de personnes malades psychiques.

 

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