Trois mercis

Une question me poursuit en cette fin d’année : comment savoir si ma journée, ma semaine ou mon année ont été réussies ?

Quelle est la mesure ? Est-ce lorsque j’ai pu achever l’ensemble des tâches de ma to-do liste ? Lorsque j’ai pris un temps pour moi ? Lorsque les frictions familiales ont été évitées ? Les objectifs professionnels atteints ? Tout cela est justifié et me donne de grandes satisfactions mais la réussite d’un côté est souvent gâchée par le souci d’un autre côté. La période de l’Avent est révélatrice de ces frustrations. Je voudrais me préparer à Noël dans la sérénité mais ces semaines sont surchargées de préoccupations. J’ai pris un temps pour moi, mais les enfants réclament un sapin. Nous avons pu faire une belle crèche, mais tout le monde s’énerve quand Paul éparpille sans cesse la paille, la mousse et les santons dans le salon. J’aimerais offrir une maison chaleureuse, mais je ne trouve pas le temps. La mesure de ma réussite explose : les taches s’accumulent, les objectifs sont inatteignables, le temps pour moi est introuvable ou alors il est au dépend du reste, ce qui provoque des frictions familiales ! C’est un cercle infernal au moment où je souhaiterais avoir le cœur en paix. Le constat d’échec est patent, et pour ne pas céder à la déprime qui l’accompagne j’ai cherché à modifier ma perception. Ma journée, ma semaine et mon année ne pourraient-elles pas être réussies lorsque, le soir tombant, je suis capable de dire trois mercis pour des choses concrètes qui se sont passées ? Trois mercis pour me concentrer sur les moments qui me tiennent à cœur. Trois mercis pour me rappeler que tout est donné. Trois mercis pour les bienfaits de la gratitude qui chasse la déprime et donne de l’élan pour vivre. C’est étrange d’avoir pensé à cela un week-end du 8 décembre à Lyon : merci Marie !

Marie-Amélie Saunier, ombresetlumiere.fr – 11 décembre 2017

Marie-Amélie Saunier est veuve, mère de quatre enfants, dont Paul, atteint d’autisme.

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